Le capitalisme, en nous imposant son mode de développement entraine les peuples  à grande vitesse vers des cataclysmes écologiques et des catastrophes sanitaires.

Le développement des sociétés, fondé sur les règles du marché capitaliste, exclut une majorité d’êtres humains de l’accès aux soins les plus vitaux. Il se traduit chez nous par un tri des patients imposé par le manque de moyens.

La pandémie du Covid-19 a mis en avant  la pénurie de masques, de protection, de médicaments, de lits d’hôpitaux, de personnels soignants. Elle a mis en évidence la situation indigne dans les EPHAD avec les résidents sacrifiés, et une maltraitance institutionnelle.

En France dans tout le secteur hospitalier public, dès le début de la pandémie, l’ensemble du personnel soignant a fait face à tous les manques avec professionnalisme, dévouement, courage, et fait montre d’une grande capacité d’organisation de l’accueil des patients, sans attendre les directives des Agences Régionales de Santé.

L’ensemble des personnels soignants a puisé dans ses ressources physiques et mentales, pour faire front, dans tout ce qui fait leur engagement dans les métiers de la santé au service des patients.

La reconnaissance qui leur est due a été foulée aux pieds dans le Ségur de juin 2020 avec  la poursuite d’un management dévastateur impulsé par le Ministère de la santé. 

La Recherche et le Développement des vaccins/traitements anti Covid-19 ont été massivement financés par des fonds publics sans aucune contrepartie, ni aucun contrôle, de leur l’usage.

Les négociations  entre les Etats et les laboratoires fixant les prix des doses vaccinales, se sont déroulés sans aucune transparence. Elles ont assuré des marges démentielles aux laboratoires. Le comble est que ces profits se font au détriment de la Sécurité sociale.

Le capitalisme impose ses choix, avec les Big pharma, les fonds de pensions,  les géants du Web

Le dogme néolibéral, le profit à très court terme et à très fort taux de rentabilité, développe une marchandisation généralisée de l’humain : tout s’achète,  se vend, de l’embryon aux organes.  L’argent est la mesure de toutes choses… c’est un monde sans pitié.

Il en est ainsi du brevet appliqué aux médicaments, considéré d’abord comme un actif financier permettant la spéculation sur les prix.

Des profits colossaux ont été engrangés en 2020 et 2021, avec la même perspective pour 2022. Les actionnaires milliardaires sont de plus en plus riches. La prédation est sans limite.

Un autre monde est possible en agissant aujourd’hui pour choisir son sort et le sort collectif.

Une seule alternative : sortir la santé du capitalisme pour en faire un bien commun inaliénable.

Pour garantir le droit à la santé, inscrit dans la Déclaration Universelle des droits de l’homme de 1948, l’alternative est connue :

– elle repose sur un système de Sécurité sociale financé par le travail de chacun via la cotisation sociale, garant d’un financement suffisant et pérenne.

Le principe d’une démocratie sanitaire de proximité doit s’imposer. L’organisation des services de santé, recentrés sur la totalité des besoins, doit être définie collectivement par la population.

Ni capital, ni Etat mais un mode d’organisation de type autogestionnaire avec la mobilisation des salariés, des soignants, des citoyens, des mouvements associatifs, des forces sociales progressistes pour reconstruire un grand service public de la santé.

La santé publique peut être un levier de transformation sociale pour construire un mode de production respectueux des hommes et de la nature.

Les salariés et l’ensemble des citoyens, seuls créateurs des biens et services, producteurs des richesses sociales doivent conquérir le pouvoir de décider démocratiquement quoi produire et dans quel but.

Agir pour la levée des brevets, c’est faire prévaloir la primauté de la santé publique sur toute autre considération, ce qui implique alors une véritable appropriation sociale de toute la chaîne du médicament et l’émancipation sans retour des fonds de pensions et autres actionnaires.

Susciter des milliers d’initiatives, de discussions qui permettraient de concrétiser cette ambition d’une santé pour tous, élaborer des réflexions, des arguments, des mises en cohérence, ouvrira la perspective de passer à l’acte.

Il s’agit moins de préciser à l’avance les caractéristiques, les formes que pourrait prendre ce vaste mouvement que de s’inscrire à titre individuel et collectif dans cette visée.

Ne plus laisser le marché capitaliste broyer nos vies

En France depuis près de 70 ans la Sécurité sociale, basée sur le  principe « chacun cotise selon ses revenus et reçoit selon ses besoins », fixe le cadre d’une société, garantissant l’accès aux soins pour tous et solidaire. Elle supprime la peur du lendemain.

La création de la Sécurité sociale a infligé une défaite historique aux assureurs privés en leur supprimant l’essentiel des marchés dont ils disposaient avant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui notre système de protection sociale est gravement fragilisé par des décennies de contre-réformes visant à ouvrir toujours plus d’activités au secteur privé. C’est tout l’enjeu des luttes actuelles.

Ce dont la Sécurité sociale a besoin : c’est d’une gestion qui soit de nouveau maîtrisée par les salariés et la population pour que son mode de fonctionnement et de financement corresponde aux principes, qui ont présidé, en 1945, à sa création.

Le droit à la santé étant universel, ne faut-il pas mettre à l’ordre du jour, l’exigence d’aller vers une sécurité sociale mondialisée ?

Dans notre pays, comme ailleurs dans le monde, des expériences concrètes, des actions se développent déjà dans diverses directions : centres de santé associatifs ou communautaires, , luttes contre les déserts médicaux et pour la levée des brevets, projets pour refonder l’hôpital de demain…

Sortir la santé du capitalisme débattons-en !!!                                     Mars 2022

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.