Comment rejoindre ou créer un collectif thématique IC ?

Sur la base d’une adhésion générale aux vues politiques déclinées dans le Manifeste d’IC, l’engagement au sein d’IC se concrétise nécessairement par la participation à l’un de ses collectifs thématiques. Les domaines à investir pour engager la sortie du capitalisme sont innombrables et relèvent du libre choix de chaque collectif thématique. Vous pouvez donc rejoindre un collectif thématique existant ou en créer un nouveau.
Pour rejoindre un collectif thématique, il vous suffit de prendre contact avec celui-ci via la rubrique « collectifs thématiques ».
Pour créer un nouveau collectif thématique, vous devez simplement remplir le formulaire dans la rubrique « Créer un collectif », qui vous mettra en contacte avec le groupe de suivi pratique. Un regroupement d’une poignée de personnes suffit pour se lancer. Charge à celle ou celui qui souhaite se lancer dans l’aventure de constituer une équipe pour démarrer ! Le groupe de suivi pratique d’IC a pour mission d’accompagner la création et le développement des collectifs thématiques. Il joue un rôle d’appui en apportant des conseils pratiques au collectifs thématiques qui le souhaitent. Il favorisera aussi la mutualisation des ressources, des savoirs et savoir-faire utiles aux activités des collectifs thématiques.
Chaque collectif thématique est libre de développer les outils de travail les plus adaptés à ses besoins et à ses activités. 

Assurer la conduite commune des activités du collectif thématique ​

La vie d’un collectif thématique IC repose sur la responsabilité mutuelle et commune de toutes celles et tous ceux qui l’animent. Cela réclame en premier lieu la production de règles et de pratiques démocratiques les plus développées possibles et les mieux adaptées à la réalité de chaque collectif thématique. Cela demande aussi de travailler à l’égalisation et au développement de nos dispositions et de nos capacités pour produire les conditions qui permettront à chacun.e d’entre nous de se saisir de l’activité politique des collectifs et de se réaliser à travers elle. Le dynamisme d’un collectif thématique dépendra donc de sa capacité à faire grandir d’un même mouvement le développement des potentialités de chacun.e et l’accroissement du pouvoir d’agir du tout le groupe. Le tableau ci-contre propose quelques pistes indicatives pour favoriser la conduite commune des collectifs thématiques d’IC.

Débattre

Prendre des décisions

Gérer les désaccords politiques

Partager toutes les ressources nécessaires aux débats et aux prises de décisions : données, informations, enjeux de la discussion, etc.

Prendre le temps du débat et faire en sorte que chacun.e puisse exprimer son point de vue, à égalité avec les autres.

 

Privilégier les décisions par consensus, ce qui implique de se donner le temps et la possibilité de faire évoluer les positions… la sienne et celle des autres.

Pratiquer la démocratie majoritaire, et donc la prise de décision par le vote, uniquement lorsque des désaccords s’avèrent suffisamment cristallisés pour empêcher temporairement l’émergence d’un rapprochement des positions.

Se laisser le droit de revenir sur les décisions prises, si elles ne produisent pas les effets espérés

Mettre les désaccords de côté et les laisser reposer. L’expérience pratique offre souvent les opportunités de les dépasser en temps voulu !

Tout en respectant le vote majoritaire, celles et ceux qui défendent une position minoritaire doivent bénéficier d’un « droit à l’expérimentation » pour avoir la possibilité de démontrer, que malgré la force du nombre, ce sont les « majoritaires » qui se trompent!

Si des désaccords politiques sur la manière de porter une action postcapitaliste dans le domaine choisi par le collectif s’avèrent durablement non dépassables, Il ne faut pas hésiter à se séparer en bon.nes camarade et à pratiquer ce qu’on pourrait appeler une « scission heureuse » ! Quels que soient les sujets abordés, il n’y a pas qu’un seul chemin pour sortir du capitalisme. Deux collectifs explorant chacun des voies différentes de dépassement du capitalisme dans un domaine donné, vaudront bien mieux qu’un seul collectif qui se trouverait paralysé par des élans divergents. Et l’exploration concrète d’horizons différents fournira une riche matière aux deux collectifs issus de de cette séparation pour nouer et poursuivre un dialogue politique fraternel.

Communiser les savoirs et les savoir-faire

Communiser les tâches et les responsabilités

S’approprier l’activité politique

Encourager la réalisation de « tutos » individuels permettant de valoriser et de diffuser des savoirs et des compétences individuelles en lien avec l’activité politique du collectif.

Généraliser l’élaboration de fiches de lecture courtes et synthétiques d’ouvrages et d’articles en lien avec l’activité du collectif thématique. Prendre en compte le degré de familiarité de chacun.e avec l’exercice, afin de moduler sa réalisation.

Organiser régulièrement des lectures/discussions collectives. Grâce à des outils de vidéoconférence ou de réunion téléphonique en ligne, ce genre d’activité et possible à distance.

Faire tourner régulièrement les tâches et les responsabilités.

Attribuer chaque type de tâche et/ou de responsabilité à un « atelier » mêlant des personnes (un binôme, à minima) possédant des compétences dans le domaine de la tâche ou de la responsabilité engagés, et d’autres, complètement novices en la matière. Le but étant de permettre une transmission des savoirs et de compétences.

Tenir un « journal de bord » de l’activité politique du collectif dans lequel chacun.e pourra consigner librement (sur la forme comme sur le fond) ses remarques sur le déroulement de l’activité politique du collectif thématique. Ce carnet de bord pourra faire régulièrement l’objet d’une analyse et d’une discussion collective, ce qui aidera à l’appropriation collective et individuelle de l’activité politique du collectif.

Faire en sorte que la présentation et la promotion publiques des actions et des prises de position du collectif thématique soient assurées régulièrement par des personnes différentes.

Veiller à ce que l’ensemble des membres du collectif se retrouvent régulièrement « physiquement », pour poursuivre leurs travaux et leurs réflexions, ou bien pour mener ensemble une action politique concrète.

L’activité politique peut être gratifiante et enrichissante individuellement et collectivement si elle génère aussi un creuset de sociabilité. Espace de combat commun pour changer la vie, le collectif thématique peut constituer du même mouvement un foyer de convivialité, un réseau d’entre-aide et un lieu de mise en commun et de partage de ressources et de réseaux personnels, etc.

Engager concrètement la sortie du capitalisme en transformant les rapports sociaux par le bas

L’activité d’un collectif thématique peut comporter plusieurs étapes et dimensions :

1°Etablir un diagnostic précis de la réalité sociale que le collectif thématique souhaite investir, pour comprendre ce que lui fait concrètement le capitalisme.

2° Identifier et le recenser les « futurs-présents postcapitalistes » de la réalité sociale dans laquelle il souhaite intervenir. Les « futurs présents » sont des « présupposés objectifs de dépassement du capitalisme », c’est-à-dire, des tendances qui pourraient permettre à une réalité sociale de se développer de manière postcapitaliste. Toutes les dimensions de notre société sont traversées par des « futurs-présents postcapitalistes ». Ceux-ci sont nécessaires à toute transformation sociale parce qu’ils en établissent la possibilité. Mais ils n’en constituent pas pour autant une condition suffisante. Ce sont des « possibles » qui se présentent en creux, « la tête en bas », encore englués et emprisonnés dans les formes capitalistes de la réalité sociale. Par conséquent, ils ne peuvent en aucun cas produire par eux-mêmes et de manière mécanique des rapports sociaux libérés de l’emprise du capitalisme. On peut les assimiler à des « matériaux bruts » qui nécessitent, pour produire réellement de l’émancipation, d’être identifiés, saisis, transformés et orientés dans un sens déterminé par l’activité politique collective.

3° Agir et transformer la réalité sociale investie dans un sens postcapitaliste en formulant des propositions politiques, en menant des campagnes de terrain soutenues et persévérantes, en participant au développement de formes de vie sociales alternatives au capitalisme.
Le tableau ci-contre donne à avoir, de manière indicative, le type d’activités que peuvent déployer les collectifs thématiques d’IC.

Faire vivre des formes de vie sociale postcapitalistes

Mener des initiatives politiques sur l’espace public

Promouvoir des dynamiques postcapitalistes offensives et positives dans les mouvements sociaux

Exemple 1 : un collectif thématique travaillant sur la santé participe à la mise en place d’un centre de santé coopératif et autogéré

Exemple 2 : Un collectif thématique « démocratie » anime une expérimentation locale pour qu’un Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) soit cogéré par ses usagers et les agents territoriaux qui y travaillent.

Exemple 1 : un collectif thématique « retraite » organise des ateliers afin que la population puisse définir par elle-même les contours du régime des retraites

Exemple 2 : Un collectif thématique « écologie » développe une campagne pour recenser l’ensemble des productions à « valeur d’usage négative » (nocives pour les êtres humains et destructrices pour la nature) qu’il conviendrait de supprimer rapidement. 

Exemple 1 : Dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites, un collectif thématique « retraite » popularise plusieurs propositions qui prennent à contre-pied de la conception capitaliste des retraites : financement des pensions par une cotisation sociale sur la valeur ajoutée des entreprises (c’est-à-dire, directement sur les richesses sociales qu’elles produisent), avancée significative de l’âge légale de départ à la retraite…

Exemple 2 : Lors d’une bataille contre un plan de licenciement touchant les salarié.es d’une entreprise, un collectif thématique « économie sans actionnaire » fait grandir l’idée que l’entreprise doit être gérée par ses salarié.es et ses usagers. Il appuie la promotion d’un plan de reprise sur cette base.

CREER UN COLLECTIF