Les collectifs thématiques sont le moteur de l’activité politique d’IC. Ils peuvent être définis comme des libres associations politiques de personnes, qui, à partir de ce qu’elles vivent, agissent pour reconfigurer les rapports sociaux et les arracher à leurs logiques aliénantes. Dans cette perspective, chaque collectif thématique décide d’investir une dimension particulière de la vie sociale et travaille à la libérer de son emprise capitaliste. Les domaines à investir sont innombrables et relèvent du libre choix de chaque collectif thématique.

COLLECTIF "DEMOCRATIE "

Dans notre société capitaliste, lorsqu’on évoque la démocratie, il y a le discours dominant : « la démocratie c’est le pouvoir du peuple ». Et puis, il y a le fonctionnement réel de la démocratie représentative en tant que régime politique. La politique érigée en domaine autonome et séparé des autres activités sociales. L’activité politique et le pouvoir qui s’y rattache monopolisés par des professionnels de la politiques. L’intervention politique des citoyen.ne.s réduite au choix de représentant.es qui font ce qu’elles ou ils veulent entre deux élections. Des institutions et des règles du jeu politiques qui organisent l’inégalité des dispositions et des compétences politiques et qui confortent les dominations économiques, sociétales, culturelles et genrées en les redoublant sur le plan politique.
La vérité « démocratique » de notre société capitaliste, c’est donc la limitation et la captation du pouvoir de la majorité de citoyen.nes. Et la façon dont les choses évoluent ces dernières années renforce cette caractéristique. Les institutions représentatives perdent leur autonomie et sont de plus en plus inféodées à un pouvoir économique financiarisé et transnational. Face aux contestations populaires croissantes, l’État répond de manière grandissante par la violence et la restriction des libertés civiques et politiques.
Pour contrer cette privation de pouvoir et redonner à la démocratie sa puissance émancipatrice, n’est-il pas urgent de la redéfinir comme un mode d’activité visant la conduite commune de la société par l’ensemble de citoyen.es ? Dès lors n’est-il pas nécessaire que la démocratie déborde du seul champ politique pour concerner toutes les dimensions de la société : le travail, la vie économique, l’organisation des villes et des territoires, la gestion de nos écosystèmes et s’applique à inclure toute la diversité humaine ? N’est-ce pas urgent de déprofessionnaliser la politique pour généraliser l’intervention et la participation politique des citoyen.es ? N’est-ce pas déterminant que l’activité démocratique comme intervention directe des citoyen.es dans tous les domaines de la vie sociale se prolonge par une pratique inclusive de la représentation, c’est à dire par la capacité réelle d’intervenir dans les processus de décisions qui président aux destinées générales de nos sociétés ?
C’est l’ensemble de ces interrogations que nous souhaitons prendre en charge et traduire en initiatives concrètes, pour que la démocratie se libère de ses entraves capitalistes en devenant cette activité sans fin de conduite commune de la société par l’ensemble de citoyen.es associé.es.

COLLECTIF "ECONOMIE SANS ACTIONNAIRES"

Une caractéristique de la lutte de classes est le partage de la valeur ajoutée entre les salarié.es, les propriétaires et les organismes publics. Celle-ci est fondamentale pour les propriétaires dans la mesure où la valeur de l’entreprise est principalement déterminée par les estimations de dividendes futurs : si la situation politique et sociale interdit toute perspective de profits et donc de dividendes, alors la valeur de l’entreprise est réduite à néant.

Dans de telles conditions, les salarié.es seront amené.es à se substituer aux actionnaires dans la conduite de l’entreprise, non pas en tant que nouveaux propriétaires mais en tant qu’usagers des moyens de production de celle-ci. Comment leur pouvoir pourra-t-il s’exercer ? Quelle place pour les usagers de l’entreprise ? Comment financer l’entreprise en l’absence d’actionnaires ? Si nous tournons définitivement le dos à l’étatisation, quelle peut être la place de la nationalisation ? Comment coordonner les entreprises entre elles ?

 

COLLECTIF "MÉDICAMENT/SANTÉ"

La recherche et la production pharmaceutique sont un des chaînons de la politique de santé.
Nous voudrions que la rupture avec la marchandisation de la santé devienne une exigence largement partagée.
Le médicament, bien commun universel pose d’emblée en termes planétaires la question de l’appropriation, de la maîtrise sociale et publique.
Pour le médicament sortir du marché, implique de sortir de la toile d’araignée construite au service du capital pour une visée de reconstruction aux services des besoins humains, environnementaux.
Cela exige :
– de se libérer des logiques de rentabilité de Big Pharma, dévastatrices dans ses recherches absentes, concentrées sur les axes thérapeutiques jugées les plus rentables. Et cela avec l’argent public et la mise au pas de la recherche publique.
– de se libérer du pouvoir des brevets qui permet la dictature du marché , les concurrences, refuser que les connaissances, leurs implications, particulièrement celles liées à la santé, à la vie, à l’humain soient privatisées,
– De viser en permanence les vrais besoins, toutes les maladies dont les maladies « négligées » qui font des ravages en France et dans le monde. En s’inscrivant dans la situation actuelle, avec la pandémie du coronavirus
– De repenser l’OMS, la recherche fondamentale et appliquée, l’exigence et l’envie de coopérations
Comment s’attaquer à la mondialisation capitaliste, avec l’éclatement des chaînes de production, sa stratégie de flux tendu avec les ruptures de stocks qui se multiplient, la priorité aux pays où les médicaments sont vendus aux prix les plus élevés, les normes sanitaires déficientes, voire criminelles (scandale du médiator …;),
Alors que la dimension multinationale, voire transnationale de ces groupes où dans la plupart des cas ce sont les fonds de pension et d’investissement qui imposent le taux de rentabilité, quelle réponse apportée: Nationalisation, appropriation sociale, socialisation… Est-ce viable sans envisager d’emblée des coopérations, entre chercheurs, entre pays, avec quel rôle nouveau pour l’OMS
Comment construire un rapport de force social et politique avec les salariés, les chercheurs, les associations de malades, le monde de la santé, les citoyens en travaillant tous les espaces, de l’entreprise aux quartiers, villages…pour conquérir le pouvoir de décider afin de répondre aux besoins des populations sans pour autant assujettir la recherche aux impératifs de l’immédiateté rentables.

 

Les services publics doivent assurer à chacun tout au long de la vie les besoins essentiels que sont la santé, l’alimentation, l’éducation, le logement, la mobilité, la sécurité, l’accès aux réseaux (eau, électricité, téléphone), l’accès à l’information (médias, internet), la culture, le sport…
Ils sont ainsi la mise en œuvre concrète des idéaux de solidarité, d’égalité et d’économie tant en termes de condition de travail des salariés des services publics que d’utilisation des techniques et des ressources naturelles.
Ils libérent les êtres humains de l’assujettissement à la machine de production car les citoyens contrôlent ainsi la réponse à leurs besoins essentiels. La production est infléchie d’une dynamique incontrôlée de création de besoins, vers la réponse aux nécessités réelles de la vie sociale et vers la libération des capacités humaines pour de multiples activités improductives et émancipatrices.
Les services publics dirigent la production sur le territoire national de tous les biens nécessaires à leur mission, ils assurent ainsi la sécurité de la vie des citoyens et créeent des emplois productifs.
Par le financement, la création d’infrastructures et la constitution d’une main d’œuvre qualifiée, stable et en bonne santé, les services publics déterminent les modalités (en particulier environnementales) et les finalités des productions de toute l’économie. La réorientation de ces leviers d’action sur l’économie en particulier avec un service public financier est de première importance.
Les services publics tels qu’ils existent aujourd’hui restent malgré leurs contradictions, leur dégradation, la démonstration qu’il est possible de répondre aux besoins humains sans l’emprise des détenteurs de capitaux. Ils montrent que les personnels sont attachés à la qualité et l’efficacité de leur travail en raison du sens qu’il porte, universel et articulé au concret des besoins. Ces acquis ne sont pas la moindre raison des attaques dont ils sont l’objet.
L’efficacité d’une incitation dans ce sens par des interventions politiques, fiscales, réglementaires, de coordination encadrant l’activité des entreprises interroge.
L’éviction des détenteurs de capitaux de l’économie, l’autogestion par les salariés, l’intervention des usagers, sont nécessaires mais sont-elles suffisantes pour que les entreprises produisent pour le bien commun?
Aussi les services publics ne sont-ils pas décisifs pour que la prise de contrôle de la production par les salariés concerne à la fois ses modalités et ses finalités?
On se propose de définir le cadre général de cette perspective sous tous ses aspects : étendue des services publics, démocratie de leur gestion, financement, prix, statut des agents etc…
La réflexion prendra en compte le présent de l’organisation économique et celui revendiqué d’une organisation économique dégagée de la recherche du profit.
Elle sera le guide des propositions à développer pour les différents domaines des services publics.

Le site du collectif : https://ic-servicespublics.org